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Posted by on Mai 21, 2015 in CDI, Un écrivain au CDI |

Un écrivain au CDI 2015 : Valentine Goby

Un écrivain au CDI 2015 : Valentine Goby

 

Compte rendu de la visite de Valentine Goby par les élèves de la Seconde 5, avec qui a eu lieu cette “belle belle rencontre”.

Grâce à l’association des professeurs documentalistes ADBEN-Réunion qui organise «Un écrivain au CDI», le lycée Évariste de Parny a pu recevoir le 30 avril la visite de Valentine Goby. Les professeurs documentalistes Mmes Tioucagna et Lafourcade ont choisi Mr Brelaz, professeur de Français et sa classe de seconde 5 pour rencontrer cet écrivain. Afin de connaître l’auteur et ses romans, nous avons lu cinq de ses livres : Baumes, L’Echappée, Kinderzimmer, Banquises et L’Antilope Blanche. Nous lui avons également présenté un florilège d’objets que nous avons fabriqués représentant les cinq livres étudiés en classe.

«  Vous devrez lire en 4 mois, au minimum 5 livres de cet auteur ! »

Nous nous regardons tous, écrasés d’avance par l’énormité de la tâche. Qui est Valentine Goby ? De quoi parlent ses romans ? Comment allons-nous travailler et partager la lecture ? Autant de questions …

Pendant toutes ces semaines nous sommes plongés dans son univers : nous sommes Lisa, Charlotte, Mila, Madeleine et Anna, nous voyageons au Cameroun, au Groenland, en France, aux Etats-Unis et même dans l’enfer du camp nazi de Ravensbrück.  Bientôt nous nous heurtons à toute une série de difficultés : lire chacun à son rythme alors qu’il n’y a que 5 exemplaires par titre, terminer, tard dans la nuit, tel livre pour le présenter le lendemain en classe et surtout se creuser la tête pour inventer et créer un objet poétique qui représentera le roman, mobiliser même les parents pour se procurer le matériel indispensable à l’exposition.

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Jeudi 30 avril, 8h30 : il nous reste une petite heure pour mettre au point, dans la fièvre, les derniers détails : placer les affiches au bon endroit, aménager le CDI, disposer les samoussas et le gâteau au chocolat, peaufiner dans l’urgence les dessins, collages et autres bricolages.  On aperçoit une silhouette : c’est l’Ecrivaine…

Après quatre longs mois d’attente et de préparation, l’auteur s’adresse enfin à nous, bien présente. Sa parole, tout de suite, nous captive et nous frappe par sa force. Si elle ose dans ses romans se colleter avec les sujets particulièrement douloureux – la colonisation dans L’Antilope Blanche, la folie nazie dans Kinderzimmer, l’Occupation allemande dans L’Echappée, la disparition d’un proche dans Banquises, le manque d’amour d’un père dans Baumes – c’est pour poser toujours la même question : d’où nous vient cette force de survivre au malheur ? « La souffrance est indissociable de la vie. Rien n’est jamais acquis. Il n’y a pas de certitude, on peut tout perdre. La joie est un parti pris. ». Elle nous donne l’exemple d’un spectacle de danse qui l’a marquée : les silhouettes des danseurs d’abord plongées dans l’obscurité totale, n’apparaissaient qu’au terme d’une longue attente. « Il faut passer par le noir pour apercevoir une petite lueur qu’on n’apercevrait pas à l’œil nu. » Au risque de choquer, elle met en rapport l’expérience extrême qu’ont vécue les femmes de Ravensbrück avec l’expérience quotidienne de chacun d’entre nous : « La vie n’est pas une valeur en soi. Notre quotidien c’est la survie. Comment on peut passer d’une situation subie à une situation choisie : c’est cela qui m’intéresse. » Elle nous fait prendre conscience de la fonction irremplaçable de la fiction romanesque avec l’exemple Ravensbrück : « Un sujet ne suffit pas, il faut une écriture. » Le témoin reconstitue toujours au passé l’expérience qu’il a vécue, et inévitablement, le savoir postérieur déforme la réalité : « Il faut des romanciers pour inventer ce qui a disparu à jamais : l’instant présent. »

La plupart des livres de Valentine Goby s’achèvent par une longue liste de remerciements adressés à toutes ces personnes qui ont accompagné l’auteur dans sa création : « Je ne pense pas qu’on soit seul quand on crée. La lumière c’est le collectif. »

A notre tour d’exprimer notre gratitude à Valentine pour la leçon de générosité et d’exigence qu’elle nous a transmise.

La seconde 5 du Lycée Evariste de Parny :

Jade, Elvina, Sidjie, Arnaud, Jules, Victor, Tommy, Chloé T., Chloé H., Rachelle, Lisa, Sarra, Danaé, Emeline, Damien, Mathilde, Melissa, Lorenza, Laura, Marie, Charlotte et Bernard Brelaz.

 

Retrouvez les livres de Valentine Goby au CDI, voici ceux dont nous disposons.